Un vernissage. Des tableaux. Des graphies. Des signes. Des formes. Des courbes. Des cercles. Des griffures. Un orchestre.
Et deux rêveurs : imbibés de la couleur de leur espoir.
Quand la peinture est un rêve, dit le premier.
Ou le rêve, une peinture, réplique le second.
Absolument. Mais alors, peindre le rêve ou rêver la peinture, n'est-ce pas la même chose ?
Au delà de toute frontière, sans doute.
Enfin, en tous les cas, voilà des traces qui embellissent mon âme. Vraiment, quelles sensations de tourbillonnement rédempteur.
Tous ces mouvements semblent si spontanés et jouissent d'une liberté qui fait triompher la couleur.
Les couleurs nuancées de la vie.
Je veux fermer les yeux et voir toutes les couleur tourner autour d'elles-mêmes dans ma tête, comme un manège onirique.
Et si ce manège était suspendu dans le ciel, à la vue de tout le monde. un manège céleste, où les couleurs, à force de virevolter, s'enlaceraient pour faire éclater de mille feux les yeux tristes.
Et d'un seul coup de baguette, les yeux grands ouverts, on deviendrait tous des rêveurs emportés par cette magie aérienne.
Un monde où s'amuserait la géométrie de l'abstrait.
Un univers insolite où les médiations colorées défieraient les mots. Les maux !
Tout cela serait si chaleureux
Charmeur, même.
La fine et délicate fantaisie de l'existence : l'or de nos yeux enchantés.
Sortons et levons nos têtes.
Ils sortent et lèvent leur tête. la nuit est tombée.
Regarde, plus rien n'est noir, dit le second.
C'est la suite.
L'infinie musique des couleurs de tous nos rêves.
Quand l'orchestre de l'imaginaire joue au magicien. Au magicien de l’existence.